Penser les techniques et les technologies : Apports des Sciences de l'Information et de la Communication et perspectives de recherches
4-6 juin 2014 Toulon (France)

Actes - Consultation par auteur > Nicoli Agata

Jeudi 5
Arts et création
discutante : Marie-Pierre Fourquet-Courbet
› 8:30 - 9:00 (30min)
› Salle 225
Technologies de l'Information et de la Communication (Tic) et valorisation du patrimoine : état des lieux et perspectives.
Agata Nicoli  1, *@  , Marie Michèle Venturini  2, *@  
1 : Université de Corse - Pasquale Paoli  (UCPP)  -  Site web
UMR CNRS 6240 LISA
Avenue Jean Nicoli, BP 52, 20250 Corte -  France
2 : Université de Corse - Pasquale Paoli  (UCPP)  -  Site web
UMR CNRS 6240 LISA
Avenue Jean Nicoli, BP 52, 20250 Corte -  France
* : Auteur correspondant

Notre proposition de communication se situe à l'interface des axes 1 et 5 « société » et « médias ». Elle se développera sous la forme d'une approche à la fois épistémologique et pragmatique des Techniques de l'Information et de la Communication (Tic) et des mutations qu'elles ont entrainées quant à la transmission entre individus. Nous aborderons également l'impact d'un média tel qu'Internet sur la valorisation d'un patrimoine.

Afin de recontextualiser notre démarche, nous préciserons que dans le cadre de notre travail de recherche, nous sommes amenés à aborder la thématique des Tic et leur(s) incidence(s) sur la transmission et la valorisation du patrimoine corse. Cette approche communicationnelle du patrimoine immatériel insulaire, et plus particulièrement des récits mythiques d'une microrégion de Corse, a pour principale vocation de faire de la mémoire populaire un patrimoine vivant, par le biais des Techniques de l'Information et de la Communication, et notamment des réseaux sociaux.

À une époque où l'uniformisation des masses semble atteindre son apogée, un constat ne peut nous échapper : il existe un besoin de se ressourcer et de retrouver ses racines. Alors que les Tic, souvent – injustement – perçues comme à l'origine d'une dépersonnalisation et d'une uniformisation des masses, prennent une place de plus en plus importante au cœur de notre société, il serait impensable de ne pas les appliquer à la valorisation de notre patrimoine. Tout l'intérêt de cette étude sera de vouer nos acquis et expériences de communicants à faire de la tradition orale une plus-value pour le territoire corse. Il s'agit donc de faire d'un objet du patrimoine immatériel, par essence impalpable, un patrimoine vivant grâce aux Tic. Un patrimoine qui, outre sa dimension observable (cela existe déjà en partie par de l'information écrite) se doit d'être dynamique, vivant, réinvesti. Et ce, y compris pour un e-public, en terme de transmission et mise en valeur.

La problématique de travail de thèse se trouve donc être en adéquation avec les axes « société » et « médias » proposés : de quelles manières les Techniques de l'Information et de la Communication sont-elles un pilier de l'étape du recueil jusqu'à la diffusion de la tradition orale ? Comment mettre en place une stratégie de communication autour d'un objet patrimonial visant à le valoriser ?

Si les Tic contractent les distances, ouvrent les frontières, réduisent les contraintes géographiques, elles nous proposent un espace virtuel, hors du temps et de l'espace physique, le cyberespace.

Ce territoire de l'intangible et de distances abolies, du moins en théorie, résulte de l'utilisation des technologies de l'information et de communication – et de l'action humaine. Il s'agit d'un espace virtuel au cœur d'Internet et des réseaux d'information, de télécommunication hauts débits et des serveurs de données disséminés sur la planète.

Cet espace virtuel, porte et fait s'éclore de nouvelles relations sociales, de nouveaux modes de création artistique et d'accès à la culture, de nouvelles façons de commercer, de se distraire, de se soigner, de travailler, bouleverse les relations de connexité entre les territoires, s'affranchit des contraintes de distances, repositionne le « local » face au « global ». Les acteurs vivent, partagent ou subissent de nouvelles temporalités, complémentaires ou en décalage de leurs modes de vie présents, préfigurant les évolutions sociétales que l'on désigne par « société de l'information ».

Nous pourrons donc de ce fait nous interroger sur le rôle que jouent les Tic, et notamment les réseaux sociaux quant au recueil, à la transmission et à la valorisation d'un patrimoine immatériel insulaire. Il nous faudra également penser les possibilités qu'offrent ces outils en termes de valorisation participative. Pour quelles raisons et de quelles manières peut-on sauvegarder, puis valoriser un patrimoine immatériel par le biais des outils de communication ? Quelles peuvent être les retombées pour un territoire ?

Les productions déjà existantes offrent des outils de valorisation du patrimoine immatériel principalement basés sur de l'information théorique et qui ont vocation à présenter et expliquer différents «objets» : une signalétique, des définitions, des éclaircissements. Cependant ces outils n'offrent que peu de libre-accès à l'imagination et à la compréhension globale du récit. La communication que nous proposons aurait un aspect novateur dans la mesure où elle envisagerait une réelle appropriation, ou réappropriation, du patrimoine par le concours des Tic. Pour un patrimoine immatériel et pour les récits mythiques en particulier, cette dimension est essentielle. Elle demande de ce fait une méthodologie et des objectifs pilotes.

L'enjeu majeur de cette communication est, à partir d'une réflexion essentielle en termes de processus de patrimonialisation, d'exposer une méthodologie centrée sur l'utilisation des Tic comme outils de base, transposable par la suite pour la mise en valeur d'autres microrégions.

Nous postulons que la valorisation du territoire est étroitement liée à la valorisation du patrimoine d'où la nécessité de la mise en œuvre de processus de patrimonialisation visant à répondre à quatre impératifs que sont : la désignation, l'authentification, l'appropriation et la valorisation.

Aujourd'hui la sauvegarde et la valorisation voire la revitalisation du patrimoine culturel, qu'il soit matériel ou immatériel, contribue fortement à la construction d'une société du savoir utilisant les Technologies de l'Information et de la Communication. De ce fait, nous pouvons nous interroger sur le lien entre la société de l'information et de la communication et plus précisément les Tic et l'appréhension du patrimoine culturel en tant que bien commun. Nous illustrerons notre propos en démontrant comment de nos jours les Tic sont mises à contribution tant par le biais des politiques de numérisation ou encore par la mise en réseau des ressources notamment au travers de projets et des actions visant à la mise en place d'un patrimoine culturel numérique.

D'un point de vue pragmatique, nous appuierons notre analyse sur des entretiens et le traitement d'enquêtes de terrain liés au recueil, à la transmission et à la valorisation d'un patrimoine immatériel, en l'occurrence les récits mythiques.

Il s'agira de réfléchir à la manière de faire des récits mythiques d'une microrégion un patrimoine vivant, par le biais des Techniques d'Information et de Communication. Un patrimoine qui, outre sa dimension observable, se doit d'être dynamique, vivant, réinvesti, y compris pour un e-public. La valorisation territoriale d'un point de vue patrimonial, culturel et touristique, doit comprendre la valorisation de la tradition orale qui lui est propre. L'inversement proportionnel est d'ailleurs tout aussi valable. Analyser l'impact des outils existants et penser de nouvelles techniques, permettant une appropriation et une interaction créative à distance, sera l'objet de la partie expérimentale de cette communication.

Le public cible auquel nous nous intéresserons se distingue par sa diversité et son hétérogénéité, il nous faudra donc présenter un projet pratique destiné à un public à distance (e-public). Cette démarche n'empêchant pas pour autant un travail avec les personnes-ressources de l'enquête et les médiateurs nécessaires au projet. 

Bibliographie 

BOUGNOUX D., 2001, Introduction aux sciences de la communication, Paris, La Découverte, 125 pages.

BRETON P., PROULX, S., 2002, L'explosion de la communication à l'aube du XXIème siècle, La Découverte, 389 pages.

BRETON P., PROULX, S., 2002, L'explosion de la communication à l'aube du XXIème siècle, La Découverte, 389 pages.

CARDON D., 2011, Internet et réseaux sociaux, Paris, La Documentation française, 136 pages.

CASILLI A., 2010, Les liaisons numériques : vers une nouvelle sociabilité́. Paris, Seuil, 331 pages.

DAVALLON J., 2006, Le don du patrimoine : une approche communicationnelle de la patrimonialisation, Paris, Lavoisier 222 pages.

DEGENNE A., 2004, Les réseaux sociaux. 2e éd. Paris, Armand Colin, 296 pages.

DÉTIENNE M., 1981, L'invention de la mythologie, Paris, tel, Gallimard, 252 pages.

LITS M., 2008, Du récit au récit médiatique, Bruxelles, Éditions De Boeck Université, 235 pages.

MERCKLE P., 2011, Sociologie des réseaux sociaux, Paris, Ed. La Découverte, Coll. Repères, 128 pages.

QUERRIEN M., 1982, Rapport Pour une nouvelle politique du patrimoine, La Documentation française.


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